Le problème de base
Chaque jour, des milliers de captures d’écran circulent en ligne. Elles capturent des tweets, des commentaires de réseaux sociaux, des messages ou des déclarations publiques.
Elles finissent souvent par être traitées comme des « preuves » dans des scandales médiatiques, des litiges d’emploi ou des débats publics.
Mais une capture d’écran n’est qu’une image.
Et comme toute autre image, elle peut être modifiée.
Une petite expérience
Imaginez une situation simple : nous avons une capture d’écran d’une publication sur une plateforme sociale. À première vue, elle semble crédible et inclut tout ce que les gens s’attendent à voir.
Généralement, cela signifie :
- le profil de l’auteur
- le texte de la publication
- la date de publication
- le design familier de la plateforme
Et pourtant, une telle image peut être modifiée en quelques minutes avec un outil graphique ordinaire ou un éditeur en ligne.
Le texte peut être changé, la date ajustée, et toute l’interface préservée pour que le résultat paraisse toujours réaliste. Le résultat peut être une image qui semble convaincante — mais ne correspond pas à la réalité.
Le problème de la confiance numérique
Cela ne signifie pas que chaque capture d’écran est fausse. Mais cela signifie que, sans vérification, son authenticité ne peut pas être prouvée de manière fiable.
En pratique, cela peut avoir de graves conséquences :
- un préjudice réputationnel causé par du contenu manipulé
- des scandales médiatiques bâtis sur du matériel non vérifié
- des complications dans les procédures judiciaires
- la diffusion de désinformation
Le contenu numérique est devenu une partie de la sphère publique. Pourtant, nous travaillons encore souvent avec des documents dont nous ne pouvons pas vérifier l’authenticité.
Pourquoi une capture d’écran ne suffit souvent pas comme preuve
D’un point de vue juridique et pratique, une capture d’écran ne prouve généralement pas :
- quand elle a réellement été créée
- si elle correspond au contenu d’origine
- si elle a été modifiée par la suite
- si elle capture le contexte complet de la communication
Sa valeur probante peut donc être limitée, surtout si la partie adverse conteste son authenticité.
Comment préserver correctement le contenu numérique
La solution est de capturer le contenu en ligne d’une manière qui permet une vérification ultérieure.
Un tel enregistrement peut inclure, par exemple :
- une empreinte cryptographique du contenu (hash)
- un horodatage vérifiable
- une version archivée de la page
- l’URL source et les métadonnées
Cela permet de montrer que le contenu existait à un moment précis et n’a pas été modifié par la suite.
La technologie pour des preuves vérifiables
À mesure que la preuve numérique gagne en importance, des outils émergent qui permettent de créer de tels enregistrements.
L’un d’eux est le projet tchèque GetProofAnchor, qui stocke le contenu en ligne avec des données qui rendent l’authenticité vérifiable.
L’objectif n’est pas de décider ce qui est vrai. L’objectif est de rendre la vérité vérifiable.
Conclusion
Une capture d’écran peut être un moyen rapide et pratique de capturer du contenu en ligne. Mais à l’ère de la manipulation numérique, elle ne suffit souvent pas.
Si le contenu numérique est censé servir de preuve, il doit être possible de prouver son origine, son intégrité et son heure de capture.
C’est exactement là que réside l’avenir de la preuve numérique.
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D’une capture d’écran rapide à une preuve vérifiable
Lorsque le contenu en ligne compte vraiment, une image seule ne suffit pas. Il vous faut un enregistrement qui peut être vérifié ultérieurement.
Pas un conseil juridique. La recevabilité dépend de la juridiction et des circonstances.